21 février 2008
Petites histoires d'une administration à l'agonie ... (2)
| GUERRE DES ÉTOILES • L'Amérique de Bush veut s'emparer de l'espace |
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"C'est en toute discrétion, le vendredi précédent le pont de Colombus
Day [le deuxième lundi d'octobre, aux Etats-Unis], que l'administration
Bush a publié un document définissant la politique spatiale des
Etats-Unis pour les prochaines années. Une politique qui rejette
désormais tout accès à l'espace pour des intérêts 'hostiles aux
Etats-Unis' et qui refuse toute négociation pouvant amener à limiter
l'accès des Etats-Unis à l'espace", résume The Washington Post.
Il s'agit de la première publication du genre depuis dix ans. La précédente émanait de l'administration Clinton, avec pour objectifs "d'améliorer la connaissance de notre planète, du système solaire et de l'univers à travers l'exploration humaine et technologique", ainsi que de "préserver et renforcer la sécurité des Etats-Unis". La nouvelle politique prônée par l'administration Bush ne retient que le deuxième des objectifs de l'ère Clinton : "Préserver et renforcer la sécurité des Etats-Unis." Le camp Bush va même plus loin, puisqu'il parle de "renforcer l'avance des Etats-Unis en matière de technologie spatiale, de maintenir leurs capacités et de protéger leurs intérêts pour les années à venir". En outre, le nouveau texte "encourage l'investissement privé dans l'espace". Pour le Washington Post, "cette nouvelle définition est perçue par beaucoup comme le signal du lancement de la guerre des armements dans l'espace, même si la Maison-Blanche s'en défend". Ainsi, le document affirme que "les Etats-Unis doivent bénéficier d'une liberté d'action dans l'espace identique à celle dont ils jouissent dans l'air ou sur les mers". "Il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui l'armée américaine utilise une multitude de technologies passant par des satellites, que ce soit pour le positionnement ou pour les communications", note le Washington Post. Assurer la protection des satellites est donc essentiel en termes de défense. Mais de là à "ouvrir la porte à la guerre de l'espace". La diplomatie américaine semble en effet se résumer à persuader les autres pays de soutenir la politique spatiale des Etats-Unis et de renoncer à la leur, sous peine d'être jugés hostiles, résume le quotidien. D'ailleurs, "en octobre dernier, quand une proposition de négociation pour interdire la prolifération des armes dans l'espace a été soumise aux Nations unies, les Etats-Unis ont été les seuls à voter non, contre 160 oui". |
Petites histoires d'une administration à l'agonie ... (1)
| ÉTATS-UNIS • Les missiles sont de sortie | |||||||||
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| L'armée américaine a fait une démonstration de son système de défense antimissiles en abattant un satellite qui menaçait de s'écraser sur la Terre. Un bon moyen pour montrer au reste du monde le potentiel militaire dont elle dispose. | |||||||||
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Le danger, avec USA-193, à en croire le Pentagone, c'est qu'il transportait une quantité inhabituelle de carburant susceptible d'émettre des vapeurs toxiques au moment de l'impact. D'après le général des marines James Cartwright, adjoint au chef de l'état-major interarmées, c'est cette menace mortelle qui a poussé le président Bush à décider d'abattre le satellite. La destruction d'USA-193 a coûté près de 60 millions de dollars [40,7 millions d'euros]. Essayez donc de dresser la liste des menaces qui pèsent sur votre sécurité personnelle et qu'une telle somme d'argent permettrait d'écarter. Par exemple, il y a un chantier juste à côté de nos bureaux, et je passe quant à moi beaucoup de temps à me demander si la grue géante ne va venir me fracasser ma fenêtre et m'écrabouiller. Je suis sûr qu'avec 60 millions de dollars on devrait pourvoir convaincre les responsables du chantier de trouver un autre système pour soulever des matériaux. Des esprits aussi étroits que paranoïaques sont allés jusqu'à suggérer que le gouvernement n'était peut-être pas tout à fait honnête quant à ses motivations réelles. Les armes déployées par l'armée pour détruire l'engin font partie du système de défense antimissiles. Quelques-uns se disent que toute cette histoire de gaz toxique n'était qu'un prétexte pour donner au Pentagone l'occasion de tester son matériel. Ce que l'on ne peut concevoir que si l'on est capable d'imaginer que les gens responsables de la collecte de renseignements pourraient chercher à tromper l'opinion publique américaine. Le seul exemple connu d'un satellite descendu a eu lieu l'an dernier, quand les Chinois ont abattu un de leurs vieux satellites météorologiques, invoquant eux aussi de vagues menaces pour l'humanité. A l'époque, les Etats-Unis avaient été très irrités et s'étaient plaints du fait que les Chinois produisaient ainsi des débris orbitaux. D'aucuns nous soupçonnent donc de vouloir prouver que nous aussi nous pouvons y arriver. Ce qui ne serait logique que si nous pensons que les dirigeants du complexe militaro-industriel sont capables de se comporter comme des bébés. Mais il y a d'autres théories du complot qu'on peut entendre ici ou là. En voici quelques exemples : - Le Pentagone redoute que le satellite ultrasecret ne tombe entre les mains de nos ennemis, leur permettant ainsi de découvrir cette technologie sophistiquée qui est partie en carafe juste après avoir quitté la Terre et a totalement raté sa mission. - Le Pentagone espère obtenir plus de soutien en faveur du système de défense antimissiles en démontrant qu'il a bien d'autres avantages, comme la capacité de flinguer des satellites sauvages pleins de gaz toxiques qui pourraient obliger leurs victimes à perdre inutilement du temps dans la salle d'attente du médecin. - Le Pentagone veut de quoi s'occuper l'esprit en dehors des affrontements intercommunautaires au Moyen-Orient. Avant de tirer sur le satellite, hier, l'armée était plutôt hésitante, avouant qu'elle craignait d'entrer ainsi dans une "zone de turbulences". Quand certains, cyniques, ont demandé si cela voulait dire que le système de défense antimissiles du pays, d'un montant qui se chiffre en milliers de milliards de dollars, ne fonctionne que par temps calme, on leur a rétorqué : ne soyez pas ridicules. Tout ce que je sais, c'est que, si quelque chose de gros et de nauséabond dégringole dans votre jardin, n'oubliez pas d'aller consulter votre médecin. |
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| Gail Collins |
New York Times
Le droit des peuples à disposer d'eux même ...



